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MÉTIERS D'ART > Panier tressé

Chez l'artisan


Marie Rose Grondin

Marie Rose Grondin est l’une de ces femmes qui ont toujours fait de l’artisanat par plaisir. Elle a entre autres travaillé le verre en confectionnant des vitraux, dont quelques-uns recouvrent les fenêtres de sa maison. Elle s’est aussi intéressée au tissage. Laissant son emploi en 1988, Marie Rose a choisi tout naturellement de prendre un cours d’artisanat. Le tissage de panier l’intéresse bien car, aux dires de certains, les principes de fabrication de base sont simples. De plus, le cours va remplir le temps supplémentaire dont elle dispose depuis son arrêt de travail. Comme elle le dit si bien, cet atelier d’artisanat va l’empêcher de devenir un « basket case ». Marie Rose fabrique 6 paniers dans le cadre de son cours et elle désire en faire plus : pour elle, c’est la piqûre.

L’atelier de Marie Rose voit le jour. Elle se procure le matériel nécessaire et crée des paniers, autant dont elle en a envie. Bien vite, elle réalise qu’elle ne peut pas garder tous les paniers. De plus, elle en a déjà offert plusieurs dans son entourage. C’est à partir de ce moment qu’elle décide de les vendre. La vente de ses paniers est un succès et lui permet de créer une entreprise. Bien entendu, avec l’entreprise viennent s’ajouter une foule de nouvelles tâches : projets du gouvernement, employés, gestion et production. Malgré la réussite, Marie Rose se rend vite compte que ce qu’elle désire le plus, c’est de fabriquer des paniers pour le plaisir. Si elle en tire un revenu, tant mieux. Selon Marie Rose, le travail manuel exigé par le tressage est relaxant et paisible, voire presque méditatif. De plus, elle aime prendre le temps qu’elle désire pour choisir la couleur ou la forme, et travailler à de nouvelles créations ou techniques. Dorénavant, elle travaille dans son atelier avec vue sur un joli boisé et les collines de la région, où plusieurs espèces d’oiseaux viennent se nourrir. Un paysage paisible tout en étant inspirant.

Il est encore difficile de nos jours de se procurer les matériaux pour le tissage de paniers. Les matériaux sont fort dispendieux et les fournisseurs sont aux États-Unis et à Toronto au Canada. Cette contrainte lui permet une collaboration de travail avec son mari. C’est lui qui fabrique les poignées pour ses paniers, les tablettes et les autres objets dont elle a besoin pour pratiquer son métier.

Pour Marie Rose, il est important d’apprendre de nouvelles techniques. Elle aime bien prendre un livre de référence pour y faire des découvertes de méthodes de travail. Dans un coin de son atelier, on peut admirer un panier à l’allure plus archaïque, que Marie Rose surnomme son panier d’essai, fruit des expérimentations qu’elle aime faire. Il a été fabriqué avec les branches qu’elle a cueillies sur son terrain au printemps.

Pour Marie Rose, les foires sont un milieu enrichissant et elles lui permettent de rencontrer d’autres artisans et des fabricants de paniers. Elle rêve de participer un jour à une convention pour les artisans de paniers, de pouvoir échanger des idées et techniques. Cependant, ces artisans sont peu nombreux, ce qui veut dire un manque de professeurs. Elle a eu la chance de rencontrer les Mi’kmaq de la région de Tobique, au Nouveau-Brunswick. Ils sont reconnus pour leurs paniers et il a été possible pour elle d’échanger de l’information avec eux. Elle s’est rendue dans le Maine, aux États-Unis, pour suivre un atelier sur la fabrication de paniers qu’on appelle Nantucket. Ce type de paniers est fait selon une méthode traditionnelle et date de l’époque à laquelle les bateaux-phares étaient utilisés au lieu des bouées pour indiquer la route aux embarcations qui traversaient l’Atlantique pour se rendre aux États-Unis. Le temps était long et il n’y avait pas grand chose à faire, alors quoi de mieux que de tisser pour passer le temps. Marie Rose nous montre fièrement trois paniers, dont un qu’elle a créé à partir de trois méthodes différentes. C’est grâce à ce dernier panier qu’elle fut admise au Conseil d’artisanat du Nouveau-Brunswick. Ce panier, par sa beauté naturelle et sa solidité, vous donne envie de partir pour le marché en le portant sous le bras.

Cent ans passés, les paniers étaient de couleur naturelle sans vernis. Avec les années, leurs couleurs ont changés. C’est ce qui a permis de déterminer l’âge des paniers. Aujourd’hui, les artisans utilisent le foin d’odeur (seagrass) pour décorer les paniers. La matière première est transformée et teinte pour finalement être tressée et pour lui donner un aspect de corde. Ce foin (ou herbe) est facile à manier et permet aux artisans de s’en servir pour orner les contenants de façon créative. C’est ce qui différencie un panier manufacturé d’un panier fait à la main. La fabrication de paniers reprend de la popularité, selon Marie Rose. C’est un artisanat assez simple, comme le tressage avec du papier de construction que l’on fait sur les bancs d’école. Le seul inconvénient est le temps qu’il faut pour réaliser un panier. Mais quand on possède la passion pour les paniers comme Marie Rose, rien ne peut nous arrêter.

Marie Rose Grondin
648, chemin Toussaint
St-Joseph (Nouveau-Brunswick)
Canada
E7B 2T8
Téléphone: (506) 735-5886
Courriel : mrgrondin@nb.sympatico.ca


Panier tressé

Tricot

Tapis hooké

Cuir

Sculpture sur bois

Montage de mouche à pêche

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